Bonjour à toutes et à tous !
J’arrête le piano ! C’est trop difficile, c’est décidé, vous arrêtez le piano… Vous préférez élever des chèvres sur le plateau du Larzac… ?
Avant d’en arriver là, je vous propose de réfléchir à des pistes pour vous permettre de relancer votre apprentissage, car je vous le rappelle, tout le monde peut apprendre à jouer du piano, et je compte bien vous accompagner dans la mise en place des techniques qui permettent de réussir.
La suite est pour vous.
« J’arrête le piano »
Quelles solutions pour lever les obstacles à l’apprentissage ?
Les obstacles liés à la progression (Le « Mur »)
La stagnation
L’impression de ne plus avancer, le fameux « plateau » où l’effort fourni ne semble plus payer est souvent la première cause d’abandon.
- Analyser vos forces et faiblesses: Pour ceux qui suivent la méthode, est-ce que vous ne vous êtes pas auto valider trop rapidement, avez-vous fait l’impasse sur un aspect de votre apprentissage ?
- S’enregistrer : Gardez des traces de vos progrès, et n’hésitez pas à réécouter des pièces datant de plusieurs mois, vous verrez vos progrès.
- Tenir un journal de bord : Notez simplement : « Aujourd’hui, j’ai réussi les mesures 12 à 14 sans faute ». C’est une petite victoire concrète.
- Faites le point sur les difficultés techniques : Le mur de l’indépendance des mains ou la lecture à vue qui devient trop complexe par rapport au plaisir de jouer.
- Le solfège : Il est souvent perçu comme une corvée mathématique déconnectée de la musique, surtout dans l’enseignement traditionnel. Mais il est incontournable, et en le travaillant 5 minutes par jour, je vous promets que c’est facile, et une fois acquis, c’est à vie !
Les contraintes logistiques et matérielles
La réalité du quotidien finit souvent par rattraper l’aspirant musicien.
Le manque de temps
Le piano demande de la régularité (30 min par jour valent mieux que 4h le dimanche). La vie active ou les études prennent souvent le dessus. quelques solutions :
- La règle des 5 minutes : Ne vous engagez pas à faire une heure. Engagez vous à vous asseoir seulement 5 minutes. Une fois assis, vous jouerez probablement 20 minutes, mais le but est juste de vaincre l’inertie de départ.
- La fréquence bat la durée : Mieux vaut 15 minutes tous les jours que 4 heures le dimanche.
Le coût
Entre l’instrument, l’entretien et les cours, le budget est conséquent.
- pensez à la location, au piano numérique ( un piano à 88 touches lestées peut se trouver pour 200-300 euros sur le bon coin, et sera plus efficace qu’un synthé « jouet » )
- prenez de vrai cours en ligne ou en présentiel (négociez le rythme des cours avec le professeur pour baisser le budget), ou pour le moins utilisez une méthode avec un suivi.
L’environnement
Le bruit, la peur de déranger les voisins ou la famille, l’obligation de jouer au casque (ce qui est moins satisfaisant) sur un numérique. Le piano qu’il faut sortir, installer, brancher…
- Repensez votre environnement, les interactions possibles, les problèmes à anticiper.
- Gardez votre piano « Toujours prêt », réduisez les obstacles. Laissez le couvercle ouvert, la partition sur le pupitre, ou le piano numérique en veille.
Les facteurs psychologiques et émotionnels
C’est la relation personnelle à l’instrument qui se dégrade.
L’impatience
On veut jouer du Chopin ou la BO d’Amélie Poulain tout de suite, mais on se retrouve à jouer « Au clair de la lune ». L’écart entres les attentes et la réalité crée de la frustration.
- Plaisir : Commencez la séance par un morceau que vous maîtrisez déjà et que vous adorez jouer. Ça met en confiance et chauffe les doigts.
- Travail : Travaillez ensuite le passage technique difficile ou le déchiffrage (le « dur » de la séance).
- Plaisir : Terminez toujours par de l’improvisation libre ou un morceau « plaisir ». Vous devez quitter le piano avec un sentiment positif, pas sur un échec.
La solitude
Contrairement à la guitare ou aux instruments à vent qui s’intègrent vite dans des groupes, le piano est une activité très solitaire. Cette solitude est souvent également combinée avec la peur du jugement : L’anxiété de performance, la peur de faire des fausses notes devant les autres ou devant le professeur.
- Ne restez pas seul avec votre instrument, n’hésitez pas à rejoindre des groupes d’élèves en ligne, sur discord ou d’autres réseaux sociaux. Choisissez en un ou les personnes sont bienveillantes et vous aideront.
- Jouez pour un « Public Bienveillant » : Jouez pour votre chat, votre partenaire ou vos enfants. Habituez-vous à être écouté pour dédramatiser l’erreur.
- Accepter le « Sale » : Autorisez-vous à jouer des morceaux de manière imparfaite. Le perfectionnisme est la cause n°1 de l’arrêt. Mieux vaut jouer un morceau avec quelques fausses notes mais avec émotion, que de ne rien jouer du tout par peur de l’erreur.
L’ennui du répertoire
Travailler des morceaux imposés que l’on n’aime pas (souvent du classique alors qu’on rêve de jazz ou de pop).
- N’hésitez pas à en discuter avec votre professeur, des compromis peuvent surement être trouvés.
- Jouez pour le plaisir des choses simple comme des accompagnements : Apprenez quelques accords (accords magiques de la pop) pour accompagner des amis qui chantent. C’est gratifiant immédiatement et socialement valorisant.
J’espère que ces pistes vous permettront de retrouver le plaisir de travailler et de progresser au piano.
Bon piano !
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